Ce n’est plus le manque qui agit mais l’abondance. Sous l’avalanche ininterrompue d’informations insignifiantes, plus personne ne sait où puiser les informations intéressantes. En multipliant les chaînes de télévision, en publiant plusieurs milliers de titres de romans par an, en diffusant au kilomètre des musiques similaires, on empêche l’émergence de courants nouveaux. Ceux-ci seraient de toute façon submergés sous la masse de la production.

La profusion d’insipidités identiques bloque la création originale, et même les critiques qui devraient filtrer cette masse n’ont plus le temps de tout lire, tout voir, tout écouter.

Si bien qu’on en arrive à ce paradoxe : plus il y a de chaînes de télévision, de radios, de journaux, de supports médiatiques, moins il y a de diversité de création. La grisaille se répand.

Extrait de L’encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber (1993).


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